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Un Centre de ressources du cinéma, de l'audiovisuel et des nouveaux médias

 

LE CHAINON MANQUANT
 

Une structure associative est souvent composée d’acteurs sociaux combattant l’inertie de la société, capables de renverser des montagnes, de bousculer les privilèges et de lutter contre les inégalités. Les Présidents de Créative Caméra - Altermédia, de Joséphine et Félix Guattari à Gérard Mordillat, en passant par Antoine Bonfanti, Corinne Atlas ou Sophie Deschamps (Créative Caméra), ont tous œuvré, avec les Conseils d’Administration et les équipes de coordinateurs, à la défense de la diversité sociale et culturelle du cinéma pour construire une profession démocratique et conviviale.

En 1987, l’association professionnelle Altermédia est fondée par des cinéastes et des techniciens regroupés autour de Félix Guattari pour soutenir la création, favoriser l’émergence de jeunes talents et transmettre les savoirs du cinéma et de l’audiovisuel.

En 1996, Caroline Chomienne, réalisatrice cofondatrice d’Altermédia, mène au Centre d’Etude et de Sociologie du Travail du CNAM (Centre National des Arts et Métiers), une recherche-action sur les mutations induites dans le secteur du cinéma et de l’audiovisuel par l’arrivée des technologies numériques. Il résulte de ses travaux une proposition d’ « Amélioration des systèmes de formation et d’adaptation aux nouvelles technologies dans la production cinématographique », dont la profession et les institutions encouragent l’expérimentation à Altermédia dès juillet 1998 au cours d’une journée professionnelle à l’ARP. Avec une jeune équipe de salariés et des techniciens aguerris se construit alors, dans de nouveaux locaux à Saint Denis, un « mode d’accompagnement de la formation sur le terrain », qui concerne 80% des salariés du secteur du cinéma et de l’audiovisuel (chiffres CNC).

En 2000, Caroline Chomienne initie les Rencontres Songes d’une nuit DV, pour explorer les écritures filmiques de cinéastes s’appropriant les nouveaux outils numériques, de la DV chez nous aux effets spéciaux aux USA, puis très vite, partout, la HD, et bientôt la projection numérique…

Depuis 2000, la création d’un nouveau département dédié à l’accompagnement vers l’emploi renforce le lien avec la profession en l’impliquant davantage, au-delà de l’accueil et du tutorat des stagiaires, dans l’embauche de jeunes techniciens.

Le but est de perpétuer la traditionnelle formation sur le mode du compagnonnage mise à mal par l’arrivée des outils numériques qui changent la nature des fonctions de chaque technicien : Si désormais les postes d’assistants sont plus valorisés par de nouvelles responsabilités techniques, l’apprentissage des aspects esthétiques est rendue difficile par la division du travail. La conséquence reste une capacité réduite à d’évolution. Dans le cinéma, les stagiaires sont moins utiles. Dans l’audiovisuel, on leur donne parfois soudain la place des assistants… générant crispations et désordres dans la transmission des savoirs. Le maintien et le retour à l’emploi des techniciens professionnels deviennent l’action première.

Car parallèlement, en dix ans, d’une part les diplômes de cinéma ont proliféré, et d’autre part, les proportions se sont inversées. Désormais 80% des jeunes réalisateurs et techniciens se forment en écoles et universités, et manquent de cette formation sur le terrain, seule garante d’un savoir être et d’un savoir faire.
En 2004, Altermédia réunit à nouveau la profession et les institutions dans le cadre d’une journée professionnelle à l’Anpe Culture Spectacles : « Peut-on encore former aux métiers du cinéma ? »

Aujourd’hui, l'association intègre à son but initial – faire et transmettre autrement le cinéma – la réalité d’un art et d’une industrie en pleine mutation. En formant aux nouveaux outils et en aidant à la stabilité de l’emploi des aînés comme des jeunes générations, elle constitue un chaînon indispensable dans le fonctionnement actuel du cinéma.

En 2008, une Recherche-action questionne la profession : « Comment ça va avec le numérique ? », un état des lieux de l’actualité technologique, esthétique, économique et sociale, à partir de laquelle l’industrie et les institutions devraient pouvoir dialoguer avec les artisans du cinéma, pour plus d’harmonie dans leur formation par le compagnonnage et dans le processus de fabrication des films.

Si Altermédia poursuit une activité de formation continue dont les stages sont conventionnés par l'Afdas, le centre de ressources Créative caméra, fort de nouveaux partenariats, propose en 2009 une nouvelle activité indépendante de développement de projets d'auteurs, réalisateurs et techniciens, et de production de séries de films courts.

Dans le cadre des 10èmes rencontres Songes d'une Nuit DV, une journée professionnelle réunira en décembre prochain les associations de productions culturelles qui proposent des formations professionnelles différentes, où tous ces aspects sont pris en compte.